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Le
mauvais temps ne nous a pas permis de visiter la base
militaire argentine, ouverte toute l’année,
vrai petit bourg, avec sa poste, son école,
ses traîneaux à chiens. Les autres postes
ne se visitent pas, pour diverses raisons, microbes
transmis, dégâts possibles aux fragiles
mesures scientifiques et surtout, atteinte au moral
des hommes. DECEPTION - Nous traversons le
Détroit de Bransfield et allons accoster
sur l’île de la Déception,un petit
croissant très fermé, presqu’un
cercle, de rochers volcaniques glacés.Une des
plus méridionales des Shetland du Sud .
Déception,
parce que les premiers chasseurs de phoques ont tourné,
tourné autour de l’île avant de
trouver la rade qui abritera leurs fragiles embarcations.
L’étroit chenal qui menait à cet
abri, les Portes de l’Enfer, s’appelle
aujourd’hui les Soufflets de Neptune..
Des collines ocre, rouge, noir, saupoudrees de neige,
entourent les restes d’un cratère recouvert
de cendres, témoin dune énorme éruption
volcanique. Tout autour, nichent pétrels-tempête
et pigeons du Cap. Escale dans la Baie de Pandoulou
envahie par la fumée, tiède à
souhait,prête à accueillir les courageux.
L’eau n’est chaude que superficiellement
et la baignade est agréable malgré tout
! A la sortie de l’eau, il faut affronter les
-2° ; un bon bouillon chaud transporté
depuis le bateau réconfortera les baigneurs
et les autres !
Nous avons vu les restes de bases et d’une usine
baleinière prospère abandonnées
à la suite d’éruptions.
CANAL DE LEMAIRE et PORT LOCKROY Entrée inoubliable
dans le Canal , le paysage est magnifique.
2
heures après, nous arrivions à
l’île de HOVGAARD. C’est
une région où se sont produits des soulèvements
importants parallélement à la Péninsule,
d’où faille et extraordinaire vallée
sous-marine. Toute la côte en témoigne.
Le Commandant Charcot et son « Pourquoi pas
? » fit escale à Port Lockroy en 1903-1905.
Churchill y établit une base secrète
pendant la 2° Guerre mondiale..
Aujourd’hui, plus pacifiquement, une vaste roockerie
de manchots papous et des cormorans huppés
contribuent à donner à la navigation
dans ces canaux une majesté impressionnante.
Et c’est là que l’Océan
Princess a jeté l’ancre ce 31 décembre
1991.
pour fêter le Nouvel An. ! Nous avons eu la
joie d’échanger nos vœux avec Jean-Louis
Etienne, dont nous pouvions apercevoir le bateau..
Il était là avec des étudiants
passionnés par ses travaux..
A ce propos, j’ajoute pour ceux qui s’intéressent
« à la gestion de l’Extraordinaire
» : lire les articles de J.L.Etienne parus dans
« Arts et Manufactures »(Ecole Centrale
de Paris) n°403 déc 1988 n° spécial
« La Transantarctica ». A noter, dans
ce même n°, un article de Paul Emile Victor.
Dépassés, ces articles ? Ecrits avant
1991, date importante pour l’Antarctique, il
est intéressant de s’y référer.
Les vœux que nous avions échangés
cette nuit là avec une certaine solennité
dictée par les circonstances, ils s’adressaient
surtout à ce Continent dont dépend beaucoup
notre avenir.
Pour prolonger ces vœux et leur donner un décor,
montée seule sur le pont, j’ai pu admirer
la Croix du Sud.
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